Monday, August 13, 2007














Au cœur de l'été, Heuristiques se tait !

Rendez-vous en Octobre.

Saturday, August 11, 2007













Un moyen pour se débarrasser des sunnites

Il y aura bien quelques milliers de personnes appartenant à d'autres communautés qui vont aussi "trinquer", mais ce sont les sunnites qui feront majoritairement les frais de cette volonté "divine" ou "naturelle" (selon que vous soyez croyants ou athées).

Il s'agit d'une solution, somme toute, assez "élégante" dans la mesure où elle permettra le passage de vie à trépas et d'un seul coup de plusieurs dizaines, voire des centaines de milliers de sunnites. Son élégance réside dans le fait qu'elle ne nécessitera aucune intervention de la part des chiites du Hezbollah ni des maronites de Michel Aoun. Et l'on fera ainsi l'économie d'une guerre civile.

Une conséquence importante et immédiate de cet événement inattendu, mais qui risque de se produire "à n'importe quel moment", sera la remise en cause quasi-instantanée de l'accord de Taëf. En effet, les sunnites rescapés de ce "grand nettoyage" ne pourront plus représenter un contrepoids suffisant face aux chiites et aux maronites et ceux-ci pourront tout à loisir mettre au point une nouvelle formule plus "harmonieuse" pour se partager le pouvoir.

Une deuxième conséquence majeure, à laquelle les aounistes attachent une importante capitale, sera l'arrêt instantané de l'islamisation du Liban ainsi que de l'accaparement du pouvoir par la clique Hariri. Ainsi, Michel Aoun pourra enfin exulter tout son soûl.

Mais alors, en quoi consiste cette solution "magique" et qui peut bien donc s'en attribuer la paternité ?

Le secret de cette solution réside tout simplement dans le "chevauchement de Tripoli-Saida". Il s'agit de l'une des failles les plus actives et potentiellement les plus dangereuses du Liban. Selon les experts en structures tectoniques, cette faille, qui s'étend sur une centaine de kilomètres le long des côtes libanaises, commence à Tripoli, continue en mer au large de Batroun, dessine un arc au large de Beyrouth et finit par rejoindre la côte Sud libanaise, un peu au Nord de Saida.

Les mesures sous-marines réalisées par le Centre National des Recherches Géophysiques ont établi que ce "chevauchement" était à l'origine du séisme qui eut lieu le 6 juillet 551 provoquant un Tsunami qui rasa Beyrouth et Tripoli.

"C'est juste une question de temps avant qu'un Tsunami dévastateur frappe la région à nouveau", a déclaré Iain Stewart, un expert des tremblements de terre à l'Université de Plymouth en Grande-Bretagne.

Les villes côtières, majoritairement peuplées de sunnites, subiront de plein fouet ce Tsunami inéluctable dont les victimes se compteront par dizaines de milliers. La donne confessionnelle et politique s'en trouvera complètement changée, ce qui ouvrira la voie à la mise en place d'un attelage maronito-chiite en remplacement de l'attelage maronito-sunnite qui n'a que trop duré.

Thursday, August 9, 2007


















Les maronites errants

Depuis la fin de leur hégémonie sur l'Etat et la société, les maronites se sont lancé dans une quête folle et désespérée d'un "sauveur" capable de les unifier avant de repartir sabre au clair à la reconquête des "privilèges" historiques qui étaient à l'origine de la création du Liban.

Caresser cet espoir ne leur paraissait nullement impossible puisqu'ils avaient réussi au moins une fois dans l'histoire récente à "engendrer" ce sauveur en la personne de Béchir Gemayel, même si l'enfantement de ce dernier ne s'est pas fait sans douleur. Pour accomplir l'unification salvatrice, celui-ci s'était trouvé "obligé" de déblayer le terrain en liquidant les adversaires qui encombraient sa marche triomphale. Mais cela relève aujourd'hui des "détails" de l'histoire.

La tentation était forte et la tendance vers l'unicité de la représentativité au sein des communautés adverses ne pouvait que conforter les maronites dans leur désir ardent de voir apparaître ce nouveau sauveur.

Or, ce qui était possible dans une situation d'exception ne pouvait pas nécessairement se répéter en d'autres circonstances, mais rares sont ceux qui acceptaient de se perdre dans ce type de conjecture. La "réussite" du processus d'unification par les chiites, les sunnites et les druzes apportait la preuve éclatante qu'une réédition de l'exploit par les maronites était non seulement possible, mais fortement souhaitable.

En suivant cette voie, ils ne se sont même pas posé la question de savoir s'il existait une adéquation entre ce mode d'organisation et la spécificité de la "société maronite" et ils ne se sont pas rendu compte que la grande richesse de cette société (et de toute société, d'ailleurs) résidait justement dans sa diversité politique et culturelle. Au lieu de pérenniser leur modèle, ils ont préféré calquer bêtement le modèle diamétralement opposé qui vénérait la "pensée unique" et érigeait un culte à l'omniscient et à l'omnipotent.

Tête baissée, ils ont donc décidé de suivre ce qui leur semblait être la "voie du salut". Fins prêts à s'enrôler dans cette servitude volontaire, il ne leur restait plus qu'à attendre l'apparition de leur nouveau sauveur. Le premier qui leur tendait la main était forcément le bon.

Un seul parmi les héritiers de Béchir Gemayel avait trouvé la martingale. Michel Aoun, trépignant déjà d'impatience, était le héros qui a raflé la mise. Par grappes entières, les maronites ont succombé à son "charme". Pour beaucoup d'entre eux, il a fallu de très longues années avant qu'ils ne brisent le talisman découvrent enfin que le héros qui les avait tant subjugués n'était qu'un piteux ersatz.

Il est facile de souligner aujourd'hui les ravages de "la guerre d'annihilation", de "la guerre de libération" et du rôle qu'elles ont joué dans l'installation pendant quinze ans de la chape syrienne sur le Liban. S'il est vrai que cette occupation ne pouvait se faire sans la caution des Etats-Unis, il est tout aussi patent que sans les délires visionnaires du Général, le "pays maronite" n'aurait jamais pu aussi facilement se laisser "prendre" par la Syrie.

Pendant plus vingt ans, les maronites ont persisté dans leur errance. Le Général exilé pouvait après avoir déserté le champ de bataille poursuivre à loisir depuis son exil doré son œuvre de libération pendant qu'ils vivaient eux sous la botte attendant impatiemment son retour.

Quinze ans après, le délire a repris de plus belle. Le charme opérait toujours, l'errance continuait et le pays allait de catastrophe en catastrophe. Et puis, avec les élections du Metn, un contre-miracle se produisit. Les maronites subitement réveillés de leur torpeur ont décidé de donner un premier coup de frein à l'équipée folle de leur sauveur.

Un coup de frein ne veut pas nécessairement dire un coup d'arrêt. Le délire peut facilement reprendre et l'errance avec. Cette pause leur aura probablement servi à reprendre leur souffle avant une nouvelle descente aux enfers.

Monday, August 6, 2007


















Pyrrhus face au miroir chrétien

Encore une victoire comme celle-ci et Michel Aoun fera définitivement partie des mauvais souvenirs. Le talisman a été brisé et ceux de ses coreligionnaires, qui se sont laissé subjuguer pendant longtemps par ses tours d'illusionniste, se sont enfin réveillés d'un long et pénible cauchemar.

En lui infligeant cette courte victoire, les Maronites, les Grecs-Orthodoxes et les Grecs-Catholiques viennent en fait de donner une vigueur renouvelée à leurs choix souverainistes fondamentaux et réaffirmé haut et fort leur attachement à l'indépendance. Ils ont signifié au Général et de la manière la plus éclatante qu'ils rejetaient désormais sa "représentativité exclusive" et oppressante sans pour autant plébisciter Amine Gemayel dont l'immoralité n'a rien à envier à celle de son adversaire.

C'est aussi une réponse cinglante au nombrilisme, aux "alliances contre-nature" et aux contradictions de plus en plus fréquentes du Général.

Contrairement aux analyses hâtives, les Arméniens se sont intégrés aussi à leur manière dans ce choix salvateur. Oublions vite l'arithmétique des voix, oublions aussi les âneries racistes proférées par un Gabriel El-Murr au cours de la soirée électorale et oublions enfin le clientélisme qui a permis à sa crapule de frère de "briller" encore une fois sur le dos des villageois. Tournons-nous plutôt vers cette leçon magistrale de politique que le Tachnag a assénée à l'ensemble de la classe politique ainsi qu'aux autres communautés.

Loin de chercher à se justifier d'avoir voté massivement en faveur de leur allié, les Arméniens y ont trouvé au contraire de quoi s'en enorgueillir. Mais tel n'était pas leur but. La bataille électorale leur a fourni une occasion en or pour sortir enfin du ghetto dans lequel les autres Libanais voulaient systématiquement les y confiner. Leur vote avait valeur d'avertissement: la communauté arménienne ne servira plus de pont ni de réservoir de voix pour valider les choix politiques des autres. Elle existe désormais pour elle-même, mais aussi pour le Liban.

La victoire à la Pyrrhus du Général ouvre et de façon inespérée le paysage politique. Maintenant que l'hypothèque est levée, le camp des souverainistes, que Michel Aoun a inconsidérément déserté, peut à nouveau se recomposer vers plus de cohérence et de clarté. Évidemment, il peut continuer à jouer le matamore, mais il serait mieux inspiré de rejoindre vite son camp d'origine. Autrement, il ne lui restera plus que sa coterie pour panser son ego meurtri.

Aujourd’hui est un autre jour. La communauté chrétienne réimpose son tempo à la lutte pour l'indépendance. Les jours à venir ne peuvent être que meilleurs.