Wednesday, November 7, 2012















The best is yet to come

Non seulement ses orientations stratégiques sont bonnes, mais il représente tout ce que Mitt Romney n'est pas, un tempérament politique de premier ordre et un sens profond de l'équité et de l'intégrité. La réélection de Barack Obama permettra de renforcer l'idéal de la bonne gouvernance et une vision sociale qui tempère l'individualisme par une préoccupation réelle pour la communauté.

Chaque élection présidentielle implique un concours sur l'idée de l'Amérique. L'Amérique d'Obama, celle qui progresse, même en hésitant, vers la justice sociale, la tolérance, l'égalité, représente l'avenir que les Américains méritent. Sa réélection est la meilleure chose qui pouvait arriver aux Etats-Unis et au reste du monde.

Tuesday, September 18, 2012
















Hassan ibn Nasrallah Al-Hanbali

Quand le malheur ne serait bon
Qu’à mettre un sot à la raison,
Toujours serait-ce à juste cause
Qu’on le dit bon à quelque chose.

Jean de La Fontaine, Le Mulet se vantant de sa généalogie

Depuis qu'il a proclamé son soutien au boucher de Damas, sa popularité de résistant irréductible a fondu comme neige au soleil. Pour les fréristes, salafistes et autres atrophiés du bulbe qui l'avaient porté aux nues lors de sa "victoire divine", il est subitement devenu l'ennemi à abattre. Même les dignitaires religieux chiites qui avaient coutume de l'encenser se sont mis à le critiquer ouvertement. Hassan Nasrallah est dans la fange et l'œil le regarde.

Seul un événement extraordinaire pouvait lui permettre de redorer son blason et regagner une aura depuis longtemps évaporée. Hassan Nasrallah en avait rêvé, Nakoula Basseley Nakoula (alias Sam Bacile) l'a fait. Un copte égyptien naturalisé américain a eu la misérable idée de s'attaquer au prophète de l'islam. Un deus ex machina qui allait offrir au cloîtré chiite l'occasion de se proclamer plus sunnite que les sunnites et de surenchérir sur les pires des salafistes. Plus sunnite que Hassan Nasrallah, tu meurs. Allons donc !

La ficelle est trop grosse et personne n'est dupe. Oublier Ali, Hassan, Hussein et déclarer subitement son amour éperdu pour Muhammad est une manœuvre de diversion aussi grossière que criminelle. Elle sert à occulter une politique de soutien actif à un tyran qui mène une campagne d'extermination quasi industrielle contre son peuple.

"Le monde entier doit comprendre que l’offense à notre Prophète aura des conséquences très graves", a dit le cloîtré échappé pour une fois de sa cave. Tu parles ! Un bout de film minable est bien plus grave aux yeux de Hassan Nasrallah que les dizaines de milliers de morts syriens. Dies ist die Welt auf den Kopf ! Oui, c'est bien le monde à l'envers, car kidnapper Muhammad pour couvrir Bachar relève d'un calcul aussi mesquin que dérisoire.

Wednesday, August 15, 2012
















Les rats libanais et le navire syrien

Les rats libanais sont devant à un terrible dilemme. Soient ils s'entêtent à attendre une fin hypothétique de la tempête, ou bien ils quittent le navire avant qu'il ne soit trop tard. La logique voudrait qu'ils le fassent maintenant plutôt que d'attendre le sauve-qui-peut général. Le navire syrien tangue et finira bien par sombrer. Ils n'ont qu'à observer Joumblatt et le mal de chien qu'il se donne pour effectuer son énième virage. Ses fluctuations distillées au millimètre relèvent du grand art. Pour essayer d'atterrir en douceur, ils seraient bien inspirés de suivre son exemple. Facile à dire, mais pas facile à faire.

La chute de Michel Samaha est un coup de massue dont les affidés de Bachar ne se remettront jamais. Quoiqu'ils fassent, quoiqu'ils disent, ils se retrouvent désormais pieds et poings liés par la fatalité qui s'abat sur la dictature entrée en agonie. Car l'évidence est là, difficile à nier. L'avalanche de preuves et les aveux précipités et contrits du coupable rendent toute dénégation ultérieure sans objet et toute voie de sortie impossible. Le pire est que cette arrestation risque de faire s'écrouler tout l'édifice sécuritaire patiemment construit au fil des ans et beaucoup plus rapidement que ne pourrait le faire le Tribunal Spécial pour le Liban. Qui aurait pu imaginer un seul instant que le justice libanaise puisse un jour mettre en examen Ali Mamlouk, le puissant général qui chapeaute l'ensemble de l'appareil sécuritaire syrien. Après le coup de massue, c'est le cataclysme.

Jusqu'à quand pourront-ils encore tenir dans ce déni de la réalité ? Jusqu'à quand Hassan Nasrallah s'obstinera-il à défendre l'indéfendable ? Lorsqu'un défenseur des opprimés consent à devenir le principal défenseur des bourreaux, il n'y a plus rien à en espérer.

"L'on m'a dit aussi que vous vous fardiez. Fort bien ! Dieu vous a donné un visage, et vous vous en fabriquez un autre." William Shakespeare (Hamlet)

Saturday, August 11, 2012
















Revoyez votre copie Messieurs les cheikhs

Les dignitaires chiites qui s'aventurent en dehors des sentiers labourés et bétonnés par le Hezbollah ne sont pas légion. La dimension religieuse du Hezbollah, sa force militaire qui séduit et fait peur, ses moyens financiers ont toujours eu pour effet de maintenir la communauté chiite sous sa coupe. Aussi lorsque des voix dissidentes se lèvent, elles méritent toute notre considération. Mais considération ne veut pas dire approbation aveugle.

Hani Fahs et Mohammad Hassan Al-Amine, qui sont bien connus pour leur liberté d'esprit, viennent de prendre la plume pour cosigner une profession de foi (lire ici) qui proclame leur soutien total et sans ambages à la lutte du peuple syrien. Ils le font "en harmonie avec l'héritage chiite, fondé selon eux, sur la lutte contre les despotes et la défense des opprimés, où qu’ils soient". Tout cela est bien beau et on ne peut que saluer leur courage. Et pourtant, à lire leur texte, on a l'impression qu'ils tiennent surtout à fanfaronner et à se faire plaisir.

"Notre parcours et nos méthodes sont connus de tous. La modération, le centrisme et l’entente sont pour nous des choix définitifs. Nous voulons préserver notre rôle intellectuel éclairant que seules les personnes arrogantes et démagogues renient", écrivent les deux braves contestataires. Oublions vite l'autosatisfaction pour pointer ce qui cloche dans cette profession de foi qui regorge de bonnes intentions.

En lisant leur texte on est toute de suite frappé par une omission majeure. Pas un traître mot sur la position criminelle de Hassan Nasrallah et ses soutiens répétés au bourreau syrien, comme si le barbu cloîtré était un fantôme errant dans l'imaginaire chiite sans aucune prise sur la réalité. Dénoncer le bourreau syrien sans dénoncer dans la foulée le bourreau par procuration qu'est devenu le Hezbollah relève tout simplement de l'escroquerie intellectuelle.

Messieurs les cheikhs, il n'y a strictement aucune fierté à retirer d'un soutien aussi sincère soit-il à la lutte du peuple syrien, c'est le devoir de tout homme soucieux de justice. Le courage, tout le courage, c'est de balayer d'abord devant sa porte et de s'attaquer au mal qui ronge l'héritage chiite dont vous vous gargarisez et qui est bafoué à chaque instant par la milice dont vous feignez d'ignorer l'existence.

Un dernier conseil: Revoyez votre copie, elle mérite à peine la mention passable.

Friday, August 10, 2012


















La fin des haricots

Ce qu'il peut être culotté, cet Achraf Rifi. Mais pour qui se prend-il pour aller ainsi sans crier gare perturber le sommeil de l'un des plus vaillants héros de la Mumana'a ! Décidément, il a perdu tout sens de la mesure. Va encore pour les petites frappes et les voleurs de voitures, mais oser arrêter au lever du jour le chien fidèle de Bachar El-Assad et l'ami dévoué de Hassan la menace, c'est proprement intolérable. Mais que voulez-vous ? Tout se délite dans ce foutu pays où l'on ne respecte plus rien ni personne. Même les criminels ont perdu les égards qu'on leur doit et sont traités aujourd'hui comme des raclures.

C'est vraiment la fin des haricots !

Thursday, August 9, 2012























La lettre alaouite à Léon Blum

L'Etat Alaouite, on ne parle plus que de ça ! S'agirait-il à nouveau d'une "remontée de l'histoire", dont parlait Dominique Chevallier en 1976 lors d'une conférence sur les origines de la guerre civile libanaise ?

Quoiqu'il en soit, ce ne serait pas une création ex nihilo. Rappelons, en effet, que pendant le mandat français en Syrie et au Liban (1920-1946), le général Gouraud, haut-commissaire de la république française, morcela la Syrie en plusieurs États autonomes dont un Etat Alaouite sans cesse redéfini jusqu'à sa réintégration définitive en 1936. C'est ainsi que furent créés successivement:

•    Le Territoire des Alaouites (1922-1924)
•    L'Etat des Alaouites (1924-1930)
•    Le Gouvernement de Lattaquié (1930-1936)

L'enthousiasme de la communauté alaouite ne tarda pas à se transformer en cauchemar lorsque la France décida, en 1936, de rattacher l’Etat alaouite au reste de la Syrie. Six notables alaouites envoyèrent une lettre* à Léon Blum, affirmant que leur communauté "refusait d'être annexée à la Syrie musulmane parce qu'en Syrie la religion officielle de l'État est l'islam, et selon l'islam les Alaouites sont considérés comme des infidèles."

S'appuyant sur les sympathies sionistes présumées de Léon Blum, les auteurs de la lettre font valoir que la persécution des Juifs en Syrie et en Palestine serait le sort réservé à toutes les minorités religieuses, si la population à majorité musulmane était autorisée à gouverner. Voici ce qu'ils écrivent:

"L'esprit de haine et de fanatisme intégré dans le cœur des Arabes musulmans contre tout ce qui est non-musulman a été perpétuellement nourri par la religion musulmane. Il n'y a aucun espoir que la situation puisse un jour changer. Par conséquent, l'abolition du mandat fera exposer les minorités en Syrie aux dangers de mort et d'anéantissement, indépendamment du fait que cette abolition contribuera à anéantir la liberté de pensée et de croyance ....
On sent aujourd'hui comment les citoyens musulmans de Damas forcent les juifs qui vivent parmi eux à signer un document promettant de ne pas accorder leur soutien à leurs infortunés frères de Palestine. La condition des Juifs en Palestine constitue la preuve la plus forte et la plus explicite de l'hostilité islamique vis-à-vis de ceux qui n'appartiennent pas à l'islam. Ces bons juifs ont apporté aux Arabes la civilisation et la paix et établi la prospérité en Palestine sans nuire à personne et sans prendre quoi que ce soit par la force, alors que les musulmans ont déclaré la guerre sainte contre eux et n'ont jamais hésité à massacrer leurs femmes et les enfants."

La coalition des minorités n'est pas une chimère et les calculs d'un Michel Aoun ne reposaient pas que sur du vent. Plus on est de fous, plus on rit !

* Lettre révélée dans le livre de Brooke Allen: The Other Side of the Mirror: An American Travels Through Syria, dont on peut lire ici le compte-rendu par The New York Review of Books.

Sunday, July 22, 2012
















Qaysariya Musaviatah

Pourquoi la Russie de Poutine soutient-elle le régime de Bachar Al-Assad ? C'est la question à mille roubles. Pas un seul journaliste, analyste, spécialiste, expert, exégète, interprète, ou commentateur qui ne s'y soit collé. Les arguments sont bien connus, ils ont été tellement rabâchés qu'il serait barbant de les énumérer encore une fois. Et pourtant, une petite nouveauté (ou plutôt un néologisme) surgit ce dimanche sous la plume ensoleillée de notre ami Bachir Hilal qui ne se satisfait pas de tout ce qui a été dit et veut apporter sa contribution pour la compréhension de l'homo Poutinicus, en tant que réincarnation d'une "qaysariya musaviatah" (tsarisme soviétisé) qui cherche à remodeler la politique internationale selon les principes de l'accord de Yalta (lire ici).

Tuesday, July 17, 2012

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Alléluia ! Rê est de retour

Ce mardi 17 juillet 2012 est jour de fête. Il est à marquer en lettres d'or dans les mémoires des Parisiens qui guettent depuis 57 jours l'apparition du dieu Soleil, en maudissant à chaque rafale et à chaque averse l'anticyclone des Açores qui a décidé cet été de jouer aux abonnés absents.

Aussi, et à la manière d'Akhenaton, nous faisons à Rê cette offrande en témoignage de notre immense gratitude: un visage à la vénusté sereine et aux lèvres incandescentes dans un état d'abandon total face à son zénith.

Thursday, July 5, 2012















Le boson de Higgs et le tyran

Le rapprochement est insolite, voire insensé. Il procède d'un refus de toute considération logique, esthétique ou morale, car il est fondé sur le "montage" disparate et paradoxal des faits et des mots. L'atroce et le sublime, la science et la barbarie, la banalité des massacres et les mystères de l'univers. Comme s'il fallait absolument réinventer la rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection (Lautréamont) pour aller à l'essence des choses.

Trente ans que les physiciens lui courent après. C'était la pièce manquante du puzzle. Il s'agit du boson de Higgs, la clef de voûte de la structure fondamentale de la matière, dont la découverte permet enfin d'entériner le mécanisme par lequel les autres particules ont pu acquérir leur masse au début de notre Univers.

De l'infiniment petit à l'infiniment ignoble. Du boson de Higgs au massacreur Bachar El-Assad, la transition est abrupte, mais non moins pertinente, car elle permet de faire le parallèle entre l'homme dieu dans ce qu'il a de plus noble et de plus sublime et le loup à figure humaine qu'est le tyran.

"Nous avons franchi une nouvelle étape dans notre compréhension de la nature", a déclaré le directeur général du CERN, Rolf Heuer. Il n'est pas sûr qu'on puisse en dire autant de notre compréhension de la tyrannie.

Tuesday, June 26, 2012













Les barbus de l'apocalypse

À quoi reconnaît-on un barbu sunnite ou chiite ? Mais à sa barbe, pardi ! Quid des sunnites et chiites sans barbe ? Ceux qui se comptent par centaines de milliers et qui forment des masses anonymes et compactes prêtes à toutes les damnations sans la moindre hésitation. Ceux-là, on en parle peu, mais ils sont tout aussi engagés que les premiers (leurs meneurs) dans la même course vers l'abîme, cette Fitna qui n'ose pas dire son nom et qui commence, nolens volens, à se propager comme une traînée de poudre.

Deux super barbus se détachent du lot au Liban. Ils ont en commun une étonnante facilité de communiquer avec l'Au-delà, mais aussi de le faire savoir aux moutons qui les suivent à la vie, à la mort. Un choc frontal les oppose, et l'un comme l'autre, prétendent agir pour le bien de tous. Le premier, Hassan Nasrallah, occupe la scène depuis des lustres, il a réussi, à coup de victoires divines et de discours incendiaires, à s'assurer une adhésion quasi totale de la communauté chiite et à terroriser toutes les autres. Le deuxième, Ahmad Al-Asîr, n'est qu'un novice, mais il commence à jouir d'une certaine popularité au sein de la communauté sunnite adverse. D'abord parce qu'il comble un vide laissé par la fuite de l'impudent Saad Hariri, occupé depuis son éviction du pouvoir à cuver sa rancune comme un gamin inconsolable à qui on a arraché un jouet qu'il croyait lui revenir de droit; et ensuite parce qu'il ose dire tout haut ce que les sunnites chuchotent à peine. Quelques coups de griffe contre Hassan Nasrallah, contre les chiites et contre le boucher syrien et les vivats sunnites lui ont été vite acquis.

Ahmad Al-asîr n'a pas l'air d'apprécier du tout les sahsouhs* liftés croisés assénés à sa communauté par le barbu chiite, et encore moins le dédain de chat persan que ce dernier lui oppose. Aussi, il multiplie les bravades pour le forcer à sortir de son mutisme. Et voilà notre freluquet salafiste qui ose une figure de style à l'emporte-pièce (montrer à Hassan Nasrallah et à Nabih Berri les étoiles en plein midi), mais dont il est sûr de l'effet dévastateur. Et, ce qui devait arriver arriva. Les sunnites ont exulté pour avoir été vengés, ne serait-ce que par le verbe et les chiites ont vu rouge à défaut d'admirer les étoiles invisibles en plein jour. Les plus excités d'entre se sont même lancés dans une expédition punitive contre le siège de la télévision Al-Jadid qui avait eu l'outrecuidance d'inviter la raclure sunnite à une heure de grande écoute.

Les manuels d’histoire continuent encore aujourd'hui à expliquer les massacres entre druzes et chrétiens en 1860 par une simple dispute de gamins jouant aux billes. Les mêmes manuels raconteront peut-être un jour que la Fitna entre sunnites et chiites aura été provoquée par des sahsouhs mal encaissés et des étoiles qui surgissent en plein jour.

* On juge de la qualité d'un "sahsouh" par le son répercuté qu'il produit au moment où il est administré. Cette claque assénée d’un seul grand coup de paume sur la nuque est souvent ressentie par la victime comme une humiliation insupportable. D'abord, parce que le sahsouh arrive toujours à l'improviste, ensuite parce que celui qui le subit n'a aucun moyen de le prévenir, et enfin parce que sa "morsure" est aussi douloureuse que la piqûre d'une guêpe. Lorsqu'il tombe en virevoltant, la victime a souvent la tête ailleurs.

Friday, June 15, 2012





















Elias Sanbar, l'inquisiteur malgré lui

C'est à Elias Sanbar qu'est revenu l'honneur d'exécuter la basse besogne et de mener à son terme une cabale aussi stupide que ridicule. Il fallait empêcher à tout prix la remise d'un prix dûment décerné à un écrivain dont on a découvert après coup l'inconduite. L'écrivain s'appelle Boualem Sansal, son crime c'est d'avoir bravé un interdit de façade qu'aucun de ses accusateurs ne respecte plus depuis lurette. Mais que pouvait faire l'onctueux Elias, jamais avare en flatteries empressées quand il s'agit de soigner sa petite notoriété, lorsque les vrais inquisiteurs ne sont autres que le Hezbollah et le Hamas, toujours prompts à jeter l'anathème et l'excommunication majeure.

Le Prix du Roman Arabe, fondé en 2008 à l'initiative de Vénus Khoury-Ghata, et parrainé par le Conseil des ambassadeurs arabes, avait pour but déclaré de "récompenser un ouvrage de haute valeur littéraire et de consolider le dialogue interculturel entre le monde arabe et la France en mettant en avant la littérature arabe traduite ou écrite directement en français".

Depuis sa création, il a successivement récompensé Elias Khoury pour Comme si elle dormait, Gamal Ghitany pour Les Poussières de l'effacement, Rachid Boudjedra pour Les figuiers de Barbarie, et Hanan El Cheikh pour Toute une histoire.

Pour 2012, le jury présidé par Hélène Carrère d’Encausse avec la participation entre autres de Tahar Ben Jelloun, Vénus Khoury-Ghata, Alexandre Najjar, Elias Sanbar, Josyane Savigneau, Robert Solé et Olivier Poivre d’Arvor a attribué le prix à Boualem Sansal pour Rue Darwin. Or, les diplomates émérites et néanmoins mécènes (pour la somme ridicule de 15000 euros) découvrent un peu tardivement que le lauréat s'est rendu en Israël du 13 au 17 mai en tant qu'invité d'honneur du Festival international des écrivains à Jérusalem. Un coup de tonnerre dans un ciel arabe sans nuages (tu parles !)

Aussitôt, c'est le branle-bas de combat et c'est au défenseur ès qualités de La CAUSE SACRÉE, le brave Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l’Unesco (mais aussi écrivain et poète à ses heures) de mener l'expédition punitive et de mobiliser ses pairs contre le traître qui a osé serrer la main des Israéliens. Il fallait coûte que coûte lui arracher le prix, un prix déjà attribué pour la qualité littéraire de son livre et non pour sa conduite politique quelle qu'elle soit. Mais c'était sans compter avec l'un des membres du jury, Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France-Culture qui a démissionné en signe de protestation et l'a fait savoir publiquement.


Lire à ce sujet l'article de Pierre Assouline: Rififi au Prix du roman arabe publié sur son blog La république des livres ainsi que la réaction d'Elias Sanbar publiée sur le site Mediapart. Lire également l'article dOlivier Poivre d'Arvor: Pourquoi je démissionne du Prix du roman arabe, publié le 11 juin par Libération.