Wednesday, May 21, 2008












Adieu Picrochole* et bon débarras !

Il serait indécent de jouer au rabat-joie et de mépriser l'excitation joyeuse que doivent ressentir les Libanais après avoir touché le fonds du désespoir. Célébrons donc avec eux les promesses d'une paix civile retrouvée et participons à la fête, sans trop pavoiser non plus.

Car, quoi qu'en disent les déclarations faussement contrites qui fusent de partout, il y a bien un vainqueur et un vaincu. La milice de Dieu a gagné, c'est un fait. Son gangstérisme a payé et elle a réussi contre vents et marées à imposer ses conditions sans trop céder en contrepartie.

Mais, ce n'est pas l'heure des bilans, c'est l'heure des célébrations, avions-nous convenu. Alors, ne bridons pas notre plaisir, allons-y gaiement et sans la moindre retenue. Le tintamarre autour de l'accord de Doha ne doit pas occulter un évènement tout aussi considérable. Michel Aoun ne sera pas président de la république. Cela se fête pardi !

Certes, la consolation est maigre, mais ô combien délicieuse. Pour le Général, le coup est dur. Pendant vingt ans, le malheureux a guerroyé sans relâche et a tout essayé: la volte-face et la compromission, la menace et le chantage, le populisme et l'imposture, mais ses efforts sont restés vains et, à son grand désespoir, il voit aujourd'hui ses rêves présidentiels se perdre à jamais dans les limbes des regrets pathétiques.

Nous nous souviendrons longtemps de ses sautes d'humeur et de ses diatribes, de ses tics nerveux et de ses fanfaronnades, de son ego hypertrophié et de ses petits sourires furtifs. Hélas, les bonnes choses ont toujours une fin.

Adieu Picrochole et bon débarras !

* Picrochole: personnage de l'oeuvre de Rabelais, qui est toujours en colère et prêt à guerroyer, et qui forme le projet d'impossibles conquêtes.

Monday, May 19, 2008












Le Général de l'armée morte !

Si au moins il se contentait de conspirer dans son coin et nous épargnait ses déclarations piteuses sur les "sacrifices" consentis par l'armée, ce serait déjà faire preuve d'intelligence, d'humilité et de respect envers les victimes tombées sous la barbarie de la milice encagoulée du Hezbollah et de la meute de chiens qui l'accompagnait.

Non seulement notre Général "consensuel" s’est bien gardé de s’opposer aux assaillants de Beyrouth, mais il a honteusement failli à sa mission de protéger les simples citoyens et les institutions dont la garde lui était explicitement confiée. Aujourd'hui il veut nous vendre son infamie pour un acte de courage.

En s'abstenant d'intervenir, l'armée cherchait à "éviter une effusion de sang", ose nous dire le brave Général. Quelle belle logique de la part d'un homme appelé aux plus hautes fonctions de l'État et qui ne s'encombre pas de confondre neutralité et laisser-faire. Ce n'est point de neutralité dont il s'agit, mais tout simplement de lâcheté ! Il n'y a pas d'autre terme pour qualifier le comportement de la troupe qui assistait sans réagir au lynchage à mort de plusieurs dizaines d'individus ?

La cohésion de la troupe était menacée, nous explique-t-on. Drôle d'armée dont la raison d'être est de protéger les citoyens, mais qui se soucie exclusivement de se protéger elle-même. Pire, pendant la semaine d'horreur qui s'est abattue sur Beyrouth, elle s'est transformée en une force auxiliaire de la milice, convoyant docilement les ultimatums des assaillants et conseillant aux victimes désignées de s'exécuter sur le champ.

Est-ce réellement le risque de voir l'armée éclater en cas d'intervention, ou, plus prosaïquement, le souci du valeureux Général de redorer son blason auprès du Hezbollah et de ses parrains qui avaient mal encaissé que l'armée puisse simplement se défendre lors des évènements de Mar Mkhayel ?

Toujours est-il que la manœuvre a payé. La "milice de Dieu" s'est trouvé contrainte, pour échapper au pétrin dans lequel elle s'était embarquée, de "remettre" à la troupe les positions qu'elle avait "conquises". L'honneur est sauf. L'armée a été rétablie dans son autorité de façade et son chef, remis en selle et reconduit comme candidat.

Si le Général Sleimane joue à l'équilibriste en inscrivant des morts appartenant aux deux camps à son palmarès, personne ne viendra l'en blâmer. Il est fait de la même argile dans laquelle sont façonnés les politiques des deux bords.

Une centaine de victimes, des biens détruits, une population humiliée, le décompte des exploits de la milice et de son auxiliaire est interminable. Ces exploits peuvent désormais être passés en pertes et profits pour que le Général de l'armée morte puisse accéder au trône. Un trône pour lequel il bave depuis des mois, comme d'autres braves généraux l'ont fait avant lui.

Saturday, May 17, 2008












La milice de Dieu face à ses tentations

Conscient de sa puissance, le Hezbollah a toujours réussi, par le passé, à vaincre ses démons en s'interdisant de commettre l'irréparable. Il savait parfaitement qu'il était capable d'écraser ses opposants et de leur imposer par la force ses quatre volontés. S'il rechignait à le faire, c'était pour préserver la "sacralité" de son image et pour ne pas s'embourber dans un conflit interconfessionnel dont il redoutait les conséquences.

Ni la résolution 1559, ni la guerre de juillet 2006 et encore moins les menaces proférées quotidiennement par les États-Unis n'ont pu porter atteinte à son omnipotence. De tous les combats, il sortait victorieux et son arrogance enflait à mesure qu'il relevait les défis. Toute sa "sagesse" consistait à "prendre sur lui" et à supporter ses adversaires qui rêvaient secrètement de le voir anéanti par n'importe quel moyen et par n'importe qui, y compris par Israël bien sûr.

Et puis, il y a eu le tournant du 7 mai. Un changement de cap mûrement réfléchi et où rien n'a été laissé au hasard. En l'annonçant, dans un long discours "didactique", Hassan Nasrallah affichait une sérénité peu coutumière comme s'il voulait prouver d'abord à lui-même, mais aussi à ses adversaires qu'il était enfin prêt à franchir le Rubicon.

Aucun danger imminent ne le menaçait et il ne pouvait rien craindre de la part d'un gouvernement qui n'avait même pas osé démonter quelques tentes gardées par des fumeurs de narguilé et qui plus est, ne disposait d'aucun moyen pour entreprendre la moindre action contre le réseau incriminé.

Hassan Nasrallah voulait en fait châtier l'outrecuidance d'un gouvernement qui a osé défier sa toute-puissance. Il fallait impérativement montrer à ces garnements ce dont il était capable et leur infliger une leçon dont ils se souviendraient longtemps. Il voulait prouver sa détermination à défendre son statut armé à n'importe quel prix, même s'il lui fallait transformer son parti en une milice prête à conduire l'hydre sectaire au cœur de la ville paisible.

L'erreur stratégique du Hezbollah, c'est qu'en ouvrant la boîte de Pandore, il croyait pouvoir trier les démons qui allaient en sortir et les y ramener à sa guise. Il ne pouvait pas ignorer que l'hydre une fois lâchée devenait incontrôlable et nul, ni lui ni le Dieu dont il se gargarise, ne pourraient plus en maîtriser les ravages.

Hassan Nasrallah a gagné, mais ce qui s'est passé ne sera ni ignoré ni oublié. Un mur de haine s'est dressé et tout retour au statu quo ante est impossible. Les Arabes accourus pour empêcher l'embrasement généralisé imposeront probablement un moment de répit et déplaceront le curseur de la crise. Les protagonistes auront juste le temps pour préparer le prochain round d'une guerre qui ne fait que commencer.

En fin de compte, l'alternative est simple et procède d'une exclusion mutuelle. L'État libanais ne pourra survivre tant que l'État Hezbollah reste en vie. L'inverse est tout aussi exact.

Sunday, May 11, 2008












La logique circulaire de l'imposture

Incontestablement, l'exploit est historique ! Quarante-huit heures ont suffi à Hassan Nasrallah et à ses hordes motorisées pour "libérer" Beyrouth de la mainmise des "sionistes de l'intérieur". À défaut de s'attaquer à Israël, il s'est offert une escapade à Beyrouth, devenue à ses yeux la capitale relais où se trament tous les complots réels ou imaginaires.

En s'abandonnant avec délectation à sa paranoïa et en lâchant la bride à la haine sectaire, notre glorieux "Résistant" a revêtu son nouvel harnais de milicien et sonné l'hallali pour s'en prendre aux habitants de Beyrouth métamorphosés, par un étrange amalgame avec l'ennemi véritable, en une cible de toutes les exactions.

Dans cette course vers l'abîme, rien n'a été épargné et surtout pas les médias qui lui faisaient la nique. Mais, si la ville a cédé, elle l'a fait presque nonchalamment, comme pour signifier à son envahisseur l'inanité de son exploit et l'aberration de sa folle équipée.

Après la victoire divine, voici le blitzkrieg diabolique ! Pendant des années, Hassan Nasrallah jurait ses grands dieux que jamais il ne tournerait ses armes "vers l'intérieur". Aujourd'hui, il trouve le moyen de le faire en croyant pouvoir se disculper par un jeu de rhétorique dont le factice le dispute au ridicule.

"Pour défendre nos armes, nous n'hésiterons pas à utiliser les armes", affirma-t-il, amusé par son jeu de mots et sans se rendre compte que la logique circulaire qu'il défend, dévoile pour la première fois la grande imposture sur laquelle reposait le mythe d'une "résistance" immaculée qui rechignait à barboter dans les marécages confessionnels.

La Taqqya n'est plus de mise. Le secrétaire général a enfin osé avouer la fin de sa logique et son choix quasi ontologique, réinventant pour la circonstance sa propre phénoménologie de l'Être et du Néant:

Oyez, oyez, pauvres hères: je vis par les armes et pour les armes. Sans elles, je suis un homme mort. Les armes constituent mon alpha et mon oméga ! Elles sont au commencement de tout et resteront jusqu'à la fin du monde. Gare à celui qui ose y toucher. Mon coupe-coupe est prêt pour sectionner les mains baladeuses !

En faisant de ses armes une fin tout autant qu'un moyen pour museler ses adversaires, Hassan Nasrallah croît pouvoir sortir de l’impasse dans laquelle il s’enlise depuis qu'il a été empêché de guerroyer à sa guise dans le sud du pays. Il lui fallait trouver un exutoire pour son arsenal menacé par la rouille et une occupation à ses miliciens affamés de martyre et qui se trouvaient trop à l'étroit dans les frontières du ghetto dans lequel, grâce à la paranoïa du Hezbollah, ils étaient confinés.

Après avoir étanché leur haine contre un ennemi imaginaire et suscité chez la majorité des Libanais une haine tout aussi irréductible, les néo-miliciens se replient aujourd'hui dans leur ghetto pour célébrer une nouvelle victoire à la Pyrrhus et pour ronger leur frein en attendant un "grand soir" qui ne viendra probablement jamais.

Friday, April 18, 2008











Le naufrage des porteurs d'encensoir


Bachar El-Assad tient absolument à "aider" les Libanais. Ils ont beau le remercier de son aimable sollicitude, peine perdue, il y tient comme à la prunelle de ses yeux et rien ni personne ne pourra l'en dissuader. Mieux, il clame mordicus son total désintéressement et répète à qui veut bien l'entendre que son premier souci est de favoriser l'entente et la paix civile dans le pays frère.

Il sait bien que cette vaste fumisterie ne convainc plus personne, mais il essaie toujours et à toutes fins utiles. À défaut d'amadouer ses adversaires, il peut toujours compter sur ses hommes liges qui n'hésitent jamais à plier l'échine et à se mettre en quatre pour servir sa "juste" cause.

Nabih Berri est le premier à accourir. Comme marchepied, il n'a pas son égal. S'étant compromis jusqu'à la moelle avec le parrain protecteur, il n'est que trop conscient du prix à payer en cas d'incartade. Le parlementaire en chef connaît par cœur et mieux que quiconque les basses œuvres du "pays frère" pour ne pas être tenté de se présenter en candidat spontané afin de rallonger la liste des "martyrs" qui parsèment le chemin de la relation "fraternelle" avec Damas.

Sous le régime de tutelle, il a constitué le rouage "institutionnel" indispensable pour faciliter le passage, en lois et en décrets, des dictats syriens. Après le retrait des troupes syriennes, il s'est évertué à se tailler un rôle prétendument indépendant, mais il sait parfaitement qu'au moindre couac, il risque tout bonnement d'être digéré en une seule bouchée par son puissant binôme chiite.

Et, s'il nie aujourd'hui toute responsabilité de la Syrie dans la crise libanaise, il ne fait que perpétuer le rôle qui lui a été assigné et qu'il a toujours accepté de jouer de bon cœur.

Le cas de Salim El-Hoss est différent. Son drame ne vient pas de cette docilité somme toute assez compréhensible chez quelqu'un qui subit les ravages pathologiques de la vieillesse, mais de sa capacité à étaler avec ostentation sa servitude devant le tyran sous le prétexte de défendre une "cause" mille fois bafouée par ses propres thuriféraires.

Salim Al-Hoss a définitivement traversé le miroir et plus rien ne pourra le sauver de sa bafouillante sénilité. L'homme n'est pas à sa première ineptie, puisqu'il a souvent frayé la chronique avec sa prédilection à avaler des couleuvres et contrairement à Nabih qui exécute des ordres, Salim se contente d'offrir sa crédulité jobarde pour relayer l'imposture du dictateur.

De Damas où il a été discourir sur les moyens de "renouveler" la pensée nationaliste arabe, il revient complètement subjugué par le grand œuvre et par les "arguments" ad hominem du tyran.

"S'il n'existe pas de frontières reconnues ni de relations diplomatiques avec la Syrie, Les Libanais ne doivent se plaindre qu'à eux-mêmes et au lieu de continuer à geindre sans arrêt, ils seraient mieux inspirés de manifester leur désir de coopérer avec le frère qui ne veut que leur bien". Dixit le doux sénile !

La vieillesse est un naufrage, mais est-ce une raison de couler à pic !

Friday, March 28, 2008














L'or syrien jusqu'au dernier carat

Après des décennies de non-dit, le Liban vient à résipiscence et ose enfin proclamer son désir incoercible de se séparer du frère siamois qui s'obstine à vouloir lui pomper la sève jusqu'à la fin des temps.

Calmement et solennellement, le Liban ose enfin affirmer son rejet de la dictature dont il a subi les sévices pendant près de trente ans. Il ose enfin dire à son geôlier, en le regardant droit dans les yeux, que ni l'intimidation, ni les assassinats ne pourront plus éteindre la flamme qui a embrasé le cœur des Libanais. La séparation est inéluctable et plus rien ni personne ne pourra plus en empêcher l'échéance.

Trois ans après son éviction forcée du Liban, La dictature syrienne n'arrive toujours pas à faire son deuil de la "tutelle" qui lui a été gracieusement octroyée par les Grandes Puissances. Peu importe si ces dernières ont pendant longtemps fermé l'œil sur la brutalité avec laquelle elle gérait sa chasse gardée, leurs intérêts de l'époque étaient ailleurs.

Loin de profiter des multiples ouvertures qui lui ont été faites, elle continue à s'enfoncer avec une belle obstination dans une politique sans lendemain, fermement persuadée que les "cartes" dont elle dispose sur le terrain finiront par faire plier un jour tous ses adversaires réunis.

D'aucuns pourraient arguer que cette fuite en avant est la seule option qui lui reste pour inverser le cours des évènements et empêcher la tenue du Tribunal international. Or, en continuant à jouer le trublion au Liban ou ailleurs, non seulement le régime syrien en accélère la tenue, mais il détruit les dernières chances d'un compromis "à la libyenne" qui pourrait lui être proposé. Pire, en persévérant dans la même voie, il se forge surtout une figure de paria dont l'élimination deviendra chaque jour davantage une nécessité de salubrité arabe et internationale.

Aujourd'hui, l'étau se resserre un cran de plus. Les Arabes osent enfin à leur tour briser le non-dit et contrairement à une coutume ancrée dans leur imaginaire oiseux et qui les faisaient s'accrocher coûte que coûte à une "solidarité" de façade, ils se délectent aujourd'hui à étaler au grand jour leur différend avec le paria qui croyait pouvoir les terroriser en toute impunité.

Mais, c'est bien la gifle libanaise que l'amphitryon syrien ne peut pas supporter. Le boycott par le gouvernement libanais du sommet de Damas l'a touché de plein fouet. La nervosité était nettement perceptible sur le visage essoufflé de Walid Moallem dont la graisseuse majesté n'a rien trouvé de mieux pour contrer l'insolence libanaise que d'affirmer que "les absents n’ont pas voix au chapitre" (sic) !

Le poussah syrien ne se rend même pas compte de son insignifiance et contrairement à ce qu'il a l'air de croire, ce n'est pas "une occasion en or" que le Liban perd en boycottant le sommet, mais c'est tout simplement le collier de serrage qui le maintenait enchaîné depuis son indépendance.

Wednesday, March 26, 2008














Hassan Vader ou Darth Nasrallah ?

Misère et damnation ! Avant qu'une seule balle n'ait été tirée, le voilà qui déguerpit à toute vitesse et nous prive d'un immense feu d'artifice dont il nous avait fait miroiter l'échéance. À n'en pas douter, l'occasion était propice. La perte d'un grand "martyr" et le délire verbal que la circonstance imposait avaient suffi à Hassan Nasrallah pour "ouvrir" une guerre dont il avait mal calculé l'impact sur ses partisans.

Pour effacer une bourde qui a failli provoquer un exode en masse des habitants du sud et de l'est du pays, Hassan Nasrallah a cherché par tous les moyens à calmer le jeu.

"Personne ne dit, a-t-il affirmé, que la chute de l’entité sioniste est une responsabilité libanaise. Il est vrai que la majorité des Libanais y sont favorables, mais cela ne veut pas dire pour autant que nous allons prendre l'initiative de la guerre".

Allons donc ! L'homme a son style et il ne peut pas sans se ridiculiser déclarer forfait sur toute la ligne. S'il dit adieu à la "guerre ouverte", c'est pour mieux se replier sur les "fondamentaux" et pour nous servir avec force vociférations son recueil d'antiennes sur l'anéantissement "inéluctable" d'Israël. Le refrain est usé, mais l'enturbanné n'en connaît pas d'autre.

En somme, Hassan Nasrallah renonce à son côté Vader qui évoque l'envahisseur (invader) pour cultiver son image de Darth qui comme chacun sait est la contraction de Dark (sombre) et Death (mort). Et, comme Darth Vader, le célèbre héros de la saga, il croit fermement être l'Élu de la Prophétie selon laquelle un homme viendra un jour pour rétablir l'équilibre de la Force et vaincre les forces de la galaxie (impérialo-sioniste, s'entend).

Darth possède une épée laser. Hassan dispose de quarante mille fusées. Ce n'est pas comparable, mais les Libanais n'ont nullement à rougir de leur Élu qui compte déjà deux victoires à son actif et qui promet une toute belle à venir, une victoire après laquelle Israël cessera tout simplement d'exister.

Et puis, notre Chater Hassan n'a pas à se cacher derrière un casque, il lui suffit d'agiter un index tout nu pour faire "trembler" les Israéliens. Les Libanais tremblent aussi, mais de joie, la joie de ceux qui ne doutent pas une seconde de l'avenir radieux qui les attend en confiant leur sort à leur Darth national. Car, que peut Israël contre le maître du temps et de l'espace qui, pour venger l'assassinat d'Imad Moughniyeh, se réserve le droit de choisir "le moment, le lieu, la manière et le moyen" de le faire ?

Sonnez Trompettes, résonnez Carillons, les archanges de l'Apocalypse débarquent et ils sont fâchés tout rouge ! L'Élu les a convoqués pour prouver à ceux qui ont tué le Hajj terroriste que "notre sang ne peut être versé en vain" et qu'ils connaîtront enfin le "vrai goût de la vengeance".

Friday, March 14, 2008














La peur comme prélude au désamour

Depuis sa création par l'Iran, le Hezbollah n'a jamais caché sa volonté de mettre la totalité de la communauté chiite libanaise sous sa coupe. Au bout de ce long parcours, il croit y avoir largement réussi. Ce qui entretient cette illusion, c'est sa capacité à mobiliser des centaines de milliers de sympathisants sous n'importe quel motif et c'est aussi, l'acceptation apparente de ces derniers de répondre docilement à l'appel.

Pour atteindre ses objectifs, l'organisation totalitaire du Hezbollah s'est toujours présentée comme l'unique défenseur possible de la communauté face à la barbarie israélienne, mais aussi comme le seul garant de ses intérêts face aux autres communautés. Dans un pays où le plus grand dénominateur commun a toujours été la peur de l'autre, il ne lui était pas difficile de faire accroire aux chiites que leur inféodation totale était leur unique planche de salut.

Pour ceux qui en doutaient, la "victoire" contre Israël en août 2006 est venue apporter la preuve que le Hezbollah était à la hauteur de ses prétentions, ou pour utiliser le slogan maintes fois répété par Hassan Nasrallah, qu'il était capable d'honorer sa "promesse sincère".

Très peu de chiites se sont exprimés ouvertement au lendemain de la guerre sur la portée réelle d'une "défense" capable d'infliger une "défaite historique" à l'armée la plus puissante du Proche-Orient, mais qui, en même temps, fait totalement fi de la dévastation inévitable de la vie de ceux qu'elle prétend défendre. Le sentiment de fierté et de "dignité retrouvée", une fois l'euphorie passée, ne pèse rien en fin de compte face aux malheurs qui ont frappé les chiites dans leur chair et dans leurs biens.

La peur, cette même peur qui a fait s'accrocher une grande majorité de chiites à leur sauveur "providentiel" est entrain de céder la place aujourd'hui à une immense désillusion annonciatrice d'un désamour, voire d'un début de rejet des vues et des méthodes du Hezbollah.

Depuis qu'il a lancé sa menace de "guerre ouverte" contre Israël, les administrations publiques libanaises se disent submergées par le flot de personnes qui veulent renouveler leur passeport. Angoissés à l'idée de revivre l'enfer du conflit de 2006, les habitants du sud et de l'est du pays ainsi de la banlieue sud de Beyrouth se préparent au pire.

Hassan Nasrallah, qui croyait régner en maître absolu sur les heurs et les malheurs de sa communauté, a déclenché sans probablement le vouloir un vent de panique qui pourrait se transformer, le jour venu, en un sauve-qui-peut général de ces mêmes chiites qu'il prétendait avoir mobilisé pour servir de chair à canon à ses folles équipées guerrières.

La fusion totale entre le "parti de Dieu" et "ses" masses, rêve absolu de toute organisation totalitaire, commence à se lézarder et le désamour qui commence à se cristalliser, c'est Hassan Nasrallah en personne qui en est l'instigateur. C'est bien là, la tragique ironie de l'histoire !

Sunday, March 9, 2008















Les errements d'un "marjaa" défroqué

Encore une fois, il a raté une belle occasion de se taire. Depuis qu'il a mis en sourdine son différend avec l'Iran et épousé officiellement le point de vue du Hezbollah, Cheikh Mohammad Hussein Fadlallah, se sent pousser des ailes et au lieu de la "prudente réserve" que lui impose son statut de "guide spirituel", il ne rechigne plus à faire de la surenchère dans le seul espoir de continuer à être renfloué.

Qu'est-ce qui justifie sinon l'hommage rendu par le "guide spirituel de tous les mouvements islamistes du monde" aux auteurs de l’opération "héroïque" contre une école talmudique à Jérusalem ? Et pourquoi se sent-il obligé d'approuver la "riposte naturelle" pour condamner la "violence bestiale d’Israël" ?

Jusqu'à aujourd'hui, il était de bon ton, pour lui comme pour beaucoup de ses semblables, de dire qu'ils "comprenaient" les opérations suicides sans nécessairement les approuver. Force est de constater que les temps ont changé et qu'à l'époque du terrorisme conquérant et des "guerres ouvertes", il n'y a plus lieu de s'encombrer de telles subtilités.

Comme beaucoup de chiites, le vénéré guide se sent perdu dans le maelström dévastateur du Hezbollah. Il n'a plus d'autre choix que de se plier devant la vague déferlante. De "source d'imitation" qu'il était, il est devenu un simple imitateur qui se contente de répercuter et d'amplifier les déclarations d'un Nasrallah ou d'un Ahmadinejad.

Mais Fadlallah, tout spirituel qu'il est, a des soucis autrement terrestres. S'il ne suit pas le mouvement, sa Marja'iyya, déjà fortement chahutée, risque de ne plus avoir de référence que le nom et sa Hawza qui ne survit que grâce à la manne iranienne, risque elle aussi de tomber en déshérence.

On comprend mieux ainsi pourquoi il ne peut plus s'offrir le luxe de jouer sur les nuances. Il y a une cause à servir, il la sert docilement et espère juste d'être payé en retour, mais attention, on ne plaisante pas avec les bailleurs de fonds !

Grands ou petits, religieux ou profanes, tous doivent se mettre désormais en ordre de bataille, constituer un seul bloc compact pour se préparer à extirper le "sale microbe sioniste" et régler leur sort aux "ennemis de l'intérieur".

Mohammad Hussein Fadlallah rêvait un jour de pouvoir imposer sa "marja'iyya" face à celle du guide de la révolution iranienne. Ce temps est désormais révolu et tout ce qui lui est permis de faire c'est de servir comme porte-voix et de récolter les miettes de la manne que l'Iran et son avatar libanais voudront bien lui donner.

Thursday, February 28, 2008















La morne platitude d’un jocrisse éploré

Il a beau s’appliquer à dissimuler son désarroi et à se donner une contenance assurée, Saad Hariri n’arrive toujours pas à se défaire de sa mine piteuse et contrite. Depuis son apparition sur la scène politique, il semble résigné à accepter son rôle de doublure pitoyable et de croire que ses sourires béats remplacent avantageusement les répliques qui lui font défaut.

Trois ans après avoir été arraché à son cocon douillet, il continue à faire étalage de sa morne platitude et de nous faire accroire que les célébrations hiératiques du 14 février peuvent pallier l’inexistence d’une politique véritable.

D’aucuns pourraient arguer de son jeune âge, de son arrivée inopinée en politique à la suite d’un drame personnel et national, ou encore de la campagne d’une rare férocité menée par la dictature syrienne pour le terrasser personnellement ainsi que ses alliés. Tout cela est vrai et compréhensible, mais ne suffit pas pour expliquer l’état d’apathie qui lui colle à la peau comme une seconde nature.

Certes, il lui arrive parfois de sortir de son état de torpeur, mais cela coïncide invariablement avec l'approche du 14 février, date "sacrée" entre toutes. Ses neurones commencent tout à coup à fonctionner, sa fébrilité s'accroît d'un seul coup et la communauté, dont il a reçu l'allégeance en héritage, entre en transe et commence à danser avec lui à l'unisson.

Le drame de ce "Cheikh" de pacotille résume et amplifie celui de la coalition dont il est supposé être le porte-flambeau. Une coalition faite de bric et de broc où les véreux côtoient les têtes brûlées et où les opportunistes se mêlent aux nigauds. Une coalition qui se contente depuis trois ans de réciter les louanges au "Grand Martyr" et de lancer des bravades grand-guignolesques.

"Nous ne voulons pas de confrontation, mais si une confrontation nous est imposée, nous ne resterons pas les bras croisés", lançait-il l'autre jour tout ému de sa propre témérité.

"Nous ne nous tairons plus, nous sommes prêts à la confrontation, même armée", s'était écrié, en écho, son partenaire Walid Joumblatt qui s'est empressé de ravaler ses propos avant la tombée de la nuit. Mais, qui s'étonne encore des axels de Walid bey ?

C'était pour vaincre leur peur et intimider l'adversaire, nous dit-on. Oh, les pauvres malheureux ! Les Libanais ne savent toujours pas s'il fallait en rire ou en pleurer.

Avec cette dernière pantalonnade, ce n'est plus d'un drame dont il s'agit, mais d'une véritable tragédie, une tragédie dont les Libanais sont les acteurs, mais aussi les victimes consentantes. Pour résister à une dictature génératrice de chaos et de mort et au totalitarisme rampant d'un parti sectaire, ils n'ont malheureusement d'autre choix que de remettre leur sort entre les mains d'un ramassis d'incapables !